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Les Rendez-vous Champlain 2006

Tourisme équitable et solidaire Version pdf de l'atelier

 

Le présent rapport comprend trois parties et une annexe.

La première partie rappelle le déroulement de l’atelier et contient les grandes idées des communications et des débats qui ont suivi. La deuxième partie du rapport fait état de la discussion sur les pistes possibles de recherche.  La troisième partie constitue le bilan-synthèse de nos discussions et fait ressortir quatre axes de collaboration, c’est-à-dire autant de projets de recherche conjoints que l’on pourrait entreprendre dans les deux prochaines années.

Enfin une annexe, préparée par Hélène Pébarthe, contient une première identification des enjeux et des questionnements à partir des communications de la première journée de l’atelier.

 

A) Résumés des communications et des débats lors de l’atelier du 4 et 5 mai 2006

 

Le jeudi 4 mai en après-midi 

Introduction par Louis Jolin et Hélène Pébarthe :
Tour de table : présentation des participants

1ère COMMUNICATION 

J-P. Lozato-Giotard
1ère évocation du tourisme durable : Rio, 1992.
Quelles définitions ?
Quelles réalités pratiques ?
Ecotourisme et optimum touristique.
Tourisme équitable : équité, synonyme de justice.
Quels objectifs ? Humanitaires ? Culturels ? Economiques ? Développement durable ?

Le touriste d’aujourd’hui est un caméléon.

Il y a des différences de degrés entre le tourisme solidaire et le tourisme équitable.
1% des touristes internationaux pratiquent un tourisme solidaire et/ou équitable.
Faire du tourisme équitable : c’est aussi s’occuper de la chaîne sanitaire.

Les touristes du tourisme équitable sont-ils des touristes ?

Quels types d’actions ?

Débat :
Boualem Kadri :
Qu’est-ce qu’un touriste ? Qu’est-ce que le tourisme ?
Que recherchent les touristes ?

Mimoun Hillali :
Dans la période1975 -1980 au Maroc : le touriste balnéaire consommait 800 l d’eau par jour.
Tourisme équitable : parfois une confusion entre populations locales et intermédiaires.

Laurence Moisy :
Inflation des termes.
Que veut dire le terme « écoparticipation » ?

JP. Lozato :
Écoparticipation : respect de l’environnement et participation aux travaux.

Laurence Moisy :
Question à Ph. Marais (Saïga) : comment appelez-vous vos séjours ?

Philippe Marais :
Séjours « éco-solidaires » : participation financière, accueil sur un programme de conservation de l’environnement.
C’est un tourisme qui peut être pratiqué en France même.

2e  COMMUNICATION 

Bernard Schéou, Université de Perpignan.
Tourisme solidaire ou tourisme équitable ?

Tourisme : c’est une activité particulière, une  activité de service hétérogène incluant différents services et mettant en jeu de nombreux acteurs.
Le produit touristique s’élabore au fur et à mesure qu’il est vécu par le touriste.

Tourisme solidaire :
Il n’est pas fondé sur le caritatif. Il ne faut pas faire de l’assistanat mais être dans le développement et, avant tout, dans les pays les plus défavorisés.
On peut faire un lien entre tourisme solidaire et économie sociale et solidaire.
Un tourisme qui a pour objectif de contribuer au développement des destinations.
Faire quelque chose  pour et avec des partenaires : relations équilibrées Nord – Sud : prise de décision commune.
Tourisme de rencontre et d’échange.

Tourisme équitable :
Définition plus précise et aboutie.
Reprise des principes du commerce équitable :

  1. partenariats équitables entre investisseurs touristiques et communautés locales ;
  2. partage équitable des bénéfices.
  3. sensibilisation du consommateur.

Tourisme équitable : tout cela, mais en plus : échanges commerciaux directs entre touristes et locaux + utilisation équitable et soutenable des ressources naturelles.

Cf. dernier numéro de Politis sur le commerce équitable.

Le tourisme solidaire et équitable  par rapport autres formes de tourisme.
Il faut considérer une pyramide : à la base le tourisme responsable. En remontant : tourisme durable. Puis tourisme solidaire et enfin tourisme équitable.
Une pyramide pour signifier que la demande est de plus en plus étroite en montant et les  exigences de plus  en plus  fortes pour les opérateurs.

Il y a une tendance à la hausse de la demande pour un tourisme plus responsable, mais il y quand même aussi la tendance inverse aujourd’hui avec l’essor du  low cost.

Une offre difficile à délimiter précisément.
Peu de projets durent.
Multiplicité d’initiatives au Nord comme au Sud.
Difficultés à se structurer en réseaux : des réseaux bien structurés en Thaïlande, en Namibie.

Défis pour le secteur 
Un tourisme réellement porteur de développement ? Problème : mesurer les effets du tourisme sur le développement :

  1. équilibre dans les partenariats ;
  2. développement si mouvement intérieur ;
  3. organisation institutionnelle juste sur place ;
  4. accompagnement des communautés si nécessaire ;
  5. intégration des projets touristiques au sein de véritables projets de développement plus large (village…)

Etre viable économiquement :

  1. Des pays du Sud ont un fort tourisme domestique qui peut être intéressé par le tourisme solidaire ;
  2. Il faut structurer l’offre en réseau

Garantir le respect des principes du commerce équitable : problème de l’évaluation.

Mettre en œuvre une véritable synergie avec le commerce équitable de produits (artisanat, coopératives de producteurs de café ou autres).

3e  COMMUNICATION 

Gilles Caire et Sophie Nivoix, Université de  Poitiers.
Hébergements non marchands : tourisme de sociabilité et territoires.

I. Quantification de l’hébergement non marchand : chez les parents ou amis, résidence secondaire.
II. Tourisme de sociabilité : pour voir les proches ou parce que c’est moins cher ?
III. Des pratiques socialement différenciées.

Le touriste en hébergement non marchand dépense quotidiennement 25,58 euros et le touriste en hébergement marchand : 52,72 euros. (données du ministère du Tourisme 2003). Mais la durée de séjour en hébergement non marchand est plus longue  (donc,  il y a un effet économique global non négligeable) bien que socialement différenciée (les ouvriers séjournent en moyenne 5 jours, les cadres supérieurs 14 jours, soit que les ouvriers savent moins bien mobiliser leurs cercles de connaissances, soit que les logements de leurs parents et amis se situent dans des régions moins attractives sur le plan touristique à l’inverse du réseau relationnel des cadres supérieurs.).

Occasion de développer un tourisme participatif avec la population locale : habitants = ambassadeurs de la ville. Occasion de participer à la vie culturelle locale : on redécouvre son propre territoire grâce à la venue des autres.

Débat :
Louis Jolin :
Goût de la sociabilité de la clientèle française.
Demande française de contacts avec population réceptrice.

Gilles Caire : Le tourisme en hébergement non marchand est plus  important en Europe du Sud que du Nord.

Ce tourisme ne s’adresse-t-il qu’aux nationaux des pays industrialisés ? Quelle est la part de ce tourisme qui se pratiquerait hors du territoire national ou métropolitain ?

Isabelle Sacareau : Le tourisme domestique dans certains pays en développement est supérieur au tourisme international.
Aussi question des MRE pour le Maroc.

Gilles Caire : des statistiques existent pour les DOM TOM : 65 % des nuitées dans l’hébergement non marchand.

Mimoun Hillali :
1400 moussems au Maroc.
Les gens se rassemblent avec leurs tentes, leur matériel de cuisine. Certaines familles reçoivent là leurs amis. Comparable à de l’hébergement touristique non marchand, s’appuyant sur les solidarités familiales, en particulier pour les moussems ruraux.

Mais ce n’est pas considéré par beaucoup de scientifiques comme du tourisme.
Pourtant, ce sont des mouvements extraordinaires difficiles à quantifier.
Les moussems près des villes sont différents des moussems ruraux : tentatives de programmation par des agents de voyages locaux… et de commercialisation des moussems (ex : moussem des mariés d’Imilchil) ce qui fait évoluer le contenu du moussem.

L’hébergement touristique marchand, au début du tourisme marocain (années 1960), interdisait l’accès aux Marocains, d’où l’importance de la pratique de l’hébergement chez les parents et amis de la part des touristes marocains.

Il existe un tourisme social corporatif au Maroc,  par corps de métiers.

On mentionne, dans le débat, la  pratique d’échanges de logements sur internet :
encore très minoritaire, mais il participe de cette problématique de l’hébergement non marchand et de la recherche d’un rapport plus direct entre touristes et habitants que l’on retrouve dans le tourisme solidaire (réflexion personnelle I. Sacareau) ; peut-être, un  indice d’un rapport nouveau à « l’habiter »  qui mériterait d’être observé de plus près : aller vivre chez « l’autre » pendant que « l’autre » vient vivre chez soi, n’est pas anodin (relation de confiance, acceptation d’une certaine forme d’intrusion dans son intimité, changement dans le rapport visiteur/visité).

Mention également du « couch surfing » : routards qui vont dormir chez l’habitant grâce à un réseau d’hôtes sur internet . Se développe en Europe et Amérique du Nord et entre le Québec et la France.

Quid des locations au noir ?
 
4e  COMMUNICATION 

Philippe Marchais , T.O Saïga 
Pas de gestion de programmes (pas d’actions directes sur les territoires).

L’association joue un rôle de médiateur entre gestionnaires de territoires  et les touristes.
Un objectif : faire du tourisme plus responsable. Intégrer des critères tels que l’empreinte écologique, mais il est  difficile d’être en cohérence totale avec ses principes sur l’ensemble des programmes car  on ne maîtrise pas tous les chaînons du voyage (ex : transport aérien).

Des destinations où il n’y a aucune marge de manœuvre : ex. Costa Rica.

Le  tourisme plus responsable, c’est aussi respecter le principe de la juste rémunération des acteurs au Nord comme au Sud : exemple, les guides rémunérés par le T.O.

Deux types d’offre de Saïga :
Voyages de découverte du patrimoine naturel et séjours écosolidaires.

Ex. de séjour proposé à Bornéo (partie malaisienne) en  forêt tropicale.
Ce projet est parti de l’initiative d’un couple de Français (vétérinaire et primatologue) qui menaient des recherches sur les grands singes et confrontés à la déforestation,  puis prise en compte de l’attente des populations locales qui souhaitaient accueillir des touristes de passage qui résidaient jusque là dans des lodges,  apparemment gérés par des Australiens. On forme 35 assistants de terrain qui deviennent des guides locaux dans ce contexte : ils guident les touristes dans la forêt et en pirogue, à tour de rôle. De même, il existe système de rotation des familles qui accueillent les touristes au sein de la communauté de façon à ce que chaque famille puisse bénéficier du tourisme à tour de rôle. Les recettes des voyages permettent d’alimenter, entre autres, la  formation des assistants et la poursuite des travaux de recherches des initiateurs du projet.
Saïga n’impose pas des investissements pour améliorer les infrastructures d’accueil car il n’est pas sûr de pouvoir assurer des groupes en nombre suffisant pour que les retombées économiques puissent  rentabiliser l’investissement consenti, ou alors aménagement au minimum (ex : cloisonnement des lieux d’accueil des touristes par rapport aux maisons communautaires, isolement des sanitaires). Du coup les conditions d’accueil demeurent spartiates ce qui peut poser des problèmes pour les touristes étrangers même les mieux disposés à faire fi de leur confort.

Départ du 1er groupe de 8 personnes en octobre.

Débat :
Louis Jolin :
N’y a-t-il pas un reversement d’un %  du chiffre d’affaires aux communautés locales ?

Phillipe Marchais : non, pas de reversement prévu car des destinations variées sont programmées (Sénégal, Indonésie, France…).
Statut juridique : société commerciale avec licence d’agent de voyages.
Micro niche : patrimoine naturel. Des concurrents mais complémentaires.
Agir pour un tourisme responsable : c’est une association qui regroupe 12 T.O actuellement. Dossier déposé pour certification.

Bernard Schéou :
Sociétés commerciales sont différentes des associations dans lesquelles il n’y pas de recherche de profit.
TDS : tourisme et développement solidaire : les gestionnaires doivent dégager les bénéfices et décident des projets de développement qu’ils vont financer et le % reversé au territoire local.

La démarche des TO réunis dans l’association Agir pour un tourisme responsable doit être plutôt considérée comme une démarche de progrès : accompagner les populations locales dans leurs projets. Aller vers une certification et des procédures de contrôle indépendantes. Actuellement, ces TO ne sont pas encore certifiés et ne sont pas sûrs d’obtenir la certification.

 

Vendredi 5 mai en matinée

5e  COMMUNICATION

Gilles Caire, Université de Poitiers :

Tourisme solidaire, capacité et développement social solidaire

Point de départ : le Colloque UNESCO sur la théorie des capacités. Comment l’approche des capacités met-elle la personne au centre du développement durable ?
Cf. Armatya Sen, Commodities and Capacities, 1985;
Development as Freedom, 1999.
Rappel de la théorie d’Armatya Sen sur les capacités.  Quelle application au tourisme solidaire ?

Le tourisme solidaire s’intègre dans la mondialisation.
Le tourisme se construit sur les ressources naturelles et culturelles qui sont des actifs que possèdent certains pauvres  (OMT).
OMT, Tourism Enriches,  a Global Communication Campaign for Tourism, 1994.

Le tourisme solidaire critique la mondialisation touristique qui se caractérise par la fuite des recettes vers les riches, un tourisme enclavé (faible effet de diffusion) capté par les multinationales, des conditions de travail défavorables, un tourisme volatile, une concentration spatio-temporelle des flux et des coûts environnementaux, sociaux, etc.

Définition de l’UNAT du tourisme solidaire :
« formes de tourisme alternatif qui mettent au centre du voyage l’homme » + répartitions des revenus plus équitable .
Micro-tourisme : refus du consumérisme, du client-roi, devoirs du touriste, implication de la population nécessaire à toutes les étapes du projet.
Une ONG au Nord assure le relais du projet local (expertise, trésorerie).
Avec et au profit de tous.

Problème de la professionnalisation.
Les acteurs ne doivent pas devenir des professionnels du tourisme : on fait tourner l’accueil au sein de la population. (pas toujours le cas dans tous les projet) (Réflexion d’Isabelle Sacareau : donc on envisage un développement par le tourisme qui ne ferait  pas du tourisme l’activité principale et motrice dudit développement, ce qui semble un peu contradictoire.... On n’envisage pas que les populations locales changent d’activité et que le tourisme en tant qu’activité économique se substitue aux activités anciennes, ce qu’il a fait en général ailleurs, lorsque les activités traditionnelles étaient en déclin ou en crise. Le tourisme a-t-il vocation à demeurer marginal ?).

Prime de développement (une partie du prix pour un  projet de développement)

France 2004, tourisme solidaire en chiffres :

  1. environ 60 000 voyages par an vers l’étranger = 0,4% des séjours touristiques des Français à l’étranger. Opérateurs de la brochure UNAT = 5 000 voyages.
  2. 50 millions d’euros de C.A.

A comparer au chiffre du commerce équitable : chiffre établi sur le site de Max Haavelar France : 70 Millions d’années en 2004 ??? (d’après B.Scheou c’est plus : Fédération Artisans du Monde : une étude du ministère des Affaires étrangères va sortir sur le commerce équitable)
Le café équitable =1,6% des parts de marché du café en France.

 

Une diapo montre les revenus du tourisme international conventionnel et ceux du tourisme solidaire. Pas de grandes différences finalement par postes de dépenses.

 

6e  COMMUNICATION

Frédéric Bouin, Université de Perpignan :
Droit / tourisme.
Il existe des textes et des concepts juridiques dans d’autres champs que le tourisme pour faire avancer la notion de tourisme durable

Le droit perçoit le tourisme sous l’angle de l’utilisation des ressources.

Charte de Lanzarote : www.insula.org/tourism
Développement durable : doit être supportable à long terme sur le plan écologique, viable au plan économique et équitable au plan éthique et social pour les populations locales.
Pas de portée contraignante du texte

GIZC : protocole en cours d’adoption.
Déjà existante : la convention de Barcelone.

Droit international de l’environnement : on retrouve plusieurs principes qui peuvent nous inspirer :

1) le principe de précaution, inapplicable directement au tourisme car on connaît déjà les conséquences du tourisme.

2) le principes d’information sur les impacts environnementaux, sociaux, culturels du tourisme et de participation (population locale et touristes).

3) le principe de prévention.

4) et enfin, l’application du principe pollueur – payeur, usager – payeur.

Labels.

Débat en cours de présentation de Frédéric Bouin:

Ressources: épuisables et  non renouvelables ???: Notion discutée lors du débat !
Capacité de charge mondiale de la planète en flux touristiques.
Faire du tourisme n’est pas une obligation mais il y a un encouragement au tourisme, sorte de fuite en avant. Or le tourisme international utilise le transport aérien qui est coûteux en énergie. Ce discours pose  problème : il faut replacer le tourisme dans un contexte plus large d’extension des mobilités dans nos sociétés.  Faut- il interdire ou du moins décourager ou taxer plus fortement toute mobilité qui ne soit pas de travail ... ?

Comment appliquer un principe de réversibilité au tourisme ?  Hypothèse d’une population qui ne voudrait plus du tourisme sur son territoire : comment revenir à l’état initial ? Cette hypothèse a-t-elle un sens ? Elle part du principe que le tourisme s’impose sur les territoires sans l’assentiment des populations, ce qui est tout de même discutable, ou qu’elles sont ignorants des conséquences du tourisme…

Concernant l’application du principe pollueur-payeur, usager-payeur :l’usager = touriste mais pas le système marchand qui est le principal responsable des effets sur les territoires !? La population locale peut également devenir à plus ou moins long terme un usager par une  appropriation à usage touristique ou non touristique de certains équipements mis en place par et pour le tourisme.

 

7e COMMUNICATION

Mimoun Hillali, Institut supérieur international de tourisme de Tangers
Tourisme rural et pays en développement : rendez-vous spontané entre la modernité et la tradition ?
Ouvrage de M. Hillali : Le tourisme international vu du sud.
Comment concilier authenticité, qualité, rentabilité

Le tourisme rural, c’est une  nouveauté au Maghreb.
Périphérie de la périphérie.
Comment gérer les contradictions entre modernité et tradition ? 
Contact entre des populations différentes / et de cultures différentes.
Deux méthodes pour développer le tourisme :
-  la méthode minière : exploiter le filon jusqu’à épuisement et délocaliser les moyens de production. Id Aïssa (au sud d’Agadir).
- ou l’approche fermière : mettre en valeur le produit sans porter atteinte au troupeau…
Concilier développement rentable et développement durable.
Participation des populations locales.
Pas de marche arrière dans le développement des pays du Sud. Il n’y a que de la marche en avant. Les pays du Sud ne peuvent revenir en arrière et ne le veulent pas, déjà qu’ils n’avancent pas vite !

Concept du pays d’accueil touristique (défini par le ministère du Tourisme marocain) :

  1. zone géographique définie ;
  2. curiosités naturelles et  culturelles… et humaines ;
  3. identité spécifique ;
  4. volonté des acteurs locaux ;
  5. infrastructures.

Principe : il faut éviter les limites de tribus ou limites administratives pour développer un tourisme qui ne soit pas accaparé par une tribu particulière ou une région administrative
 

Tourisme international concerne en fait 3 à 4 % de la population mondiale.
Pour le développement du  tourisme rural : 150 000 touristes internationaux dans Maroc rural  
50% Atlas
30% désert
10% Rif
10% ailleurs

L’Atlas offre depuis 1983 :
152 gîtes d’étapes dont 50 labellisés ;
401 guides et accompagnateurs ;
8 refuges : 5 à Toubkal, 2 à Ouarzazate, 1 à Azizal.
Le tourisme rural dans  les pays en voie de développement pourrait être le tourisme des nationaux, mais actuellement ce sont surtout des étrangers

 

B) Discussions sur des pistes de recherche pour 2006-2008 :

Interrogation sur les concepts
Comment interroger la demande de ce type de tourisme ? Il y a une évolution des attentes et des besoins des clients. Ils évoluent vers des comportements transversaux, vers des valeurs « universelles » : les clients français, canadiens font évoluer les concepts : différences culturelles dans la mise en avant de ces valeurs.
Les mises en relation du commerce et du tourisme éthiques : le problème de la certification et des labels.
Le cadre institutionnel et juridique qui permettrait d’avancer…
Réflexion sur le développement.

 

Commerce équitable / tourisme équitable.
Cadre juridico – administratif / tourisme alternatif.

Mouloud Madoun, ESC Chambéry, responsable de la recherche et des relations internationales :
Évolution des attentes et des besoins des touristes.
Montrer le fossé entre discours et réalités.

Bernard Schéou :
Pistes possibles :
1. Relation entre tourisme et développement. Décrire le passage du tourisme au développement.  Facteurs qui permettent d’arriver au développement.
2. Comparer tourisme classique et tourisme solidaire.
3. Viabilité économique du tourisme solidaire. Comment faire se rencontrer l’offre et la demande ? Réconcilier tourisme solidaire avec le marketing ?
4. Connaissance de la demande du tourisme solidaire par des pays récepteurs.
5. Évaluation de l’offre en tourisme solidaire. Problème de la certification et des garanties.

 

Mimoun  Hillali :
Penser à un réseau de recherche avec des chercheurs qui utilisent les mêmes critères d’analyse.
Trouver un thème fédérateur pour un noyau constitutif d’un réseau francophone de recherches qui dépasse 2008.Tourisme et développement : meilleur thème, mais vaste.
Nouvelles pratiques de la périphérie de la périphérie (monde rural des pays en voie de développement).
Besoins des touristes et attentes des populations.

Boualem Kadri :
Avoir une vision stratégique.
Dresser un état des lieux. « Penser global, agir local ».
Interrogations conceptuelles fortes.
Définir les contours d’une identité scientifique du tourisme.

Frédéric Bouin :
Nouvelle loi sur les espaces protégés en France. Parcs nationaux.
Au Québec aussi, loi cadre sur le développement durable.
Discours, pratiques législatives et réalités concrètes : comparer les instruments et leur application.

Louis Jolin :
Dans 2 ans, on peut proposer des résultats préliminaires.
On peut comparer des terrains du Nord et du Sud. Nord : un territoire comme le Nunavut au Canada, et un territoire africain.

Enseignant universitaire (Université Antilles-Guyane) :
Travailler sur la « trappe à sous-développement ». Des économistes ont travaillé sur le lien entre  tourisme et croissance. Ils connaissent peu les travaux développés par d’autres disciplines (géographie entre autres) sur ce thème
Impact du tourisme sur une commune de la Martinique.

Mimoun Hillali :
État des lieux.
Évaluation.
Étude de cas : Moyen Atlas ou Haut Atlas.

 

Louis Jolin : Il dégage quelques pistes :
1. Rapports tourisme et développement + types de demandes (populations accueil et touristes) appliqués à 2 types de territoires (Canada, Afrique).
2. Travail autour de l’évaluation, de la certification, ce qui conduira à un travail de caractère épistémologique.
3. Demande, attentes, valeurs à partir des questionnaires de satisfaction des opérateurs du tourisme solidaire.
4. Évolution des législations des parcs nationaux en France et au Québec.

 

C) Bilan-synthèse: projets de recherche conjoints

On propose des analyses comparatives sur 3 continents Amérique, Europe, Afrique à partir de grilles communes d’analyse…
Entrée par les acteurs : clients, opérateurs, société locale.
Entrée par un terrain : échelle locale.

4 axes

Axe 1 : La demande du tourisme solidaire : valeurs et motivations, significations, variations culturelles
Pour les opérateurs mais aussi pour les touristes qui pratiquent le tourisme solidaire : valeurs communes et variations régionales

Sondages, enquêtes sur les touristes français, canadiens, marocains et les populations locales.
La recherche permettrait de voir les variations nationales dans la demande et les valeurs des touristes solidaires…
- Tout d’abord, récupérer les enquêtes de satisfaction des voyagistes solidaires ;
- Développer une grille méthodologique pour analyser cela ;
- À partir d’opérateurs canadiens et français ;
- Travailler sur les fiches d’évaluation par les clients des « tours opérateurs » et les critiquer quand même…
Les questionnaires des TO sont-ils compatibles avec les questionnements des chercheurs ? Ils ne sont pas construits sur les mêmes bases, mêmes questions…
Mais cela peut s’analyser.
On peut envoyer des étudiants en stage dans ces structures ou faire travailler des étudiants sur ces enquêtes
(contacter Christine Cabasset à Terres d’Av),

Mouloud Madoun est particulièrement intéressé par ce projet.

Axe 2 : La certification: les labels et les chartes, quelles système de garantie ? Quelles difficultés d’application ?
Une analyse des critères d’évaluation du tourisme solidaire et de la façon dont ces critères sont reçus par les acteurs du Sud comme par les acteurs du Nord ; cette analyse  permettrait aussi d’analyser le rôle des acteurs,  comme les  ONG du N et du S,  et de mieux approcher les définitions

La question des garanties et du respect des principes.
Les difficultés de mise en application.

L’entrée par la certification permet de définir finalement l’objet (pour les Mexicains, la certification,  c’est de l’impérialisme !)

Il y a une chercheure québécoise (Marie-France Turcotte de l’UQAM) qui travaille sur les questions de certification …et qui pourrait éventuellement être intéressée par cet axe. Boualem Kadri est aussi intéressé par les questions de définitions. Il serait bien d’impliquer J.P. Lozato-Giotard.

Valeur de la certification et des labels : comment cela est-il perçu par les acteurs du Nord comme du Sud. Le problème  de la langue de la traduction et de la conception des concepts d’un univers culturel à l’autre

Axe 3 : Tourisme solidaire et développement local : Analyse d’un système d’acteurs localisé.
À travers des  enquêtes de terrains comparatives selon une double approche : une comparaison des expériences de tourisme solidaire au Nord et au Sud.
Étude de cas : Atlas (Maroc), Nunavut (Canada) (Inuits)
Comparaison des formes de tourisme rencontrées localement (qu’elles se réclament ou non du tourisme solidaire) et de leurs effets respectifs en termes de développement local (les retombées)

Ce qui se fait, avec quels acteurs
Une évaluation.

Isabelle Sacareau, Bernard Schéou,  Laurence Moisy, Hélène Pébarthe…..particulièrement intéressés par cet axe. Une consultante – chercheure du Québec, Marie-Andrée Delisle a une bonne connaissance des enjeux du tourisme au Nunavut.

Bernard Schéou:
On prend un territoire où il a du tourisme, on le regarde et après on le qualifie : on  ne décide pas à priori ce qui est éthique ou pas.

Axe 4 : Évolution législative des parcs nationaux en France et au Québec…Selon quelles perspectives, quelles valeurs. ?  Les liens avec le développement durable et le tourisme durable.  La participation des populations locales

Nouvelle loi en France.
Loi  sur le développement durable au Québec.
Cas du Parc Orford et des enjeux qu’il soulève.

Louis Jolin et Frédéric Bouin souhaitent travailler sur cet axe.

 

Opérationnalité des projets de recherche

Le comité de pilotage et de coordination: Louis Jolin et Isabelle Sacareau
Un compte rendu préparé par Isabelle et Louis faisant ressortir les projets qui émergent sera rendu disponible à tous les participants pour fin juin 2006.
Un  lieu qui assure la coordination…
Fin septembre : formaliser les projets. Budgétiser. Etre prêt à l’automne pour les demandes de financement.
Il faudrait des directeurs de projets

Sur trois pages rapidement,  préparer une présentation de chaque  projet de recherche pour aller ensuite à la recherche du financement
Déclaration d’intention.
Problématique.

Qui veut travailler là-dessus ?
Mimoun Hillali, Bernard Schéou, Gilles Caire,  Hélène Pébarthe, Laurence Moisy…
Mouloud Madoun, prof de managment à l’ESC de Chambéry Savoie.
Catherine Bréda, Marie Cathelin économiste à Chambéry travaillent sur le tourisme et la montagne : le directeur de la recherche de Chambéry est intéressé
Mimoun Hillali vient tous les ans à Tours au mois d’août.
Sur l’axe 4 : Frédéric Bouin et Louis Jolin

D’autres professeurs et chercheurs peuvent être intéressés : J.P. Lozato-Giotard, Marie-Andrée Delisle, Marie-France Turcotte, Céline Barthon, Marie Lequin…À vérifier.

Comment mobiliser des étudiants et combien ?

Comment collecter les sources de financement ?
Formaliser et budgétiser les projets pour présenter les dossiers au financement
Sources de financement bilatérales : peu de choses. Il existe une structure de financement France-Quebec : le tourisme n’est pas une priorité, mais on peut avoir une aide pour la mobilité des personnes (développer les liens entre France et Québec).
Pour le terrain, il faut  aller rechercher des sous ailleurs car c’est plus lourd.

 

Isabelle Sacareau
Louis Jolin

Avec l’aide d’Hélène Pébarthe

Juin 2006

 

 

 

Annexe

Première identification des enjeux et des questionnements à partir des communications du jeudi, 4 mai 2006:

- Clarification des concepts et de la nébuleuse éthique : tourisme durable, tourisme éthique, tourisme solidaire, tourisme équitable, écotourisme

-> communications de JP. Lozato-Giotard de  G. Caire et B. Schéou 

Enjeu : Cerner les définitions et les limites de chaque forme de tourisme

-> En quoi se distinguent-elles les unes des autres ?
-> En quoi se distinguent-elles du tourisme dit de masse ? et des formes de tourisme comparables qui ne se réclament pas pour autant du label équitable ?
-> Quelles garanties offrent telle ou telle forme de tourisme au consommateur (les difficultés de mise au point d’un label internationalement reconnu)
-> Qu’est-ce que cela signifie pour les touristes qui s’y engagent?
-> Quels sont les effets réels sur le développement (portée opérationnelle) ?
-> Quelle est la portée symbolique de ce type de tourisme par rapport à sa portée opérationnelle ?

Piste de recherche possible : analyse des discours et de leur signification.
Sommes nous dans des formes véritablement nouvelles de tourisme ? Préfigurent-elles le tourisme de demain ou l’instauration de nouveaux types de rapports marchands à préoccupation humanitaire ? Les préoccupations éthiques et les expériences menées dans ce sens ont-elles des chances de s’étendre à l’ensemble du secteur touristique ?

 

- Présentation d’expériences concrètes

-> Du point de vue des opérateurs (Saïga) : écotourisme et éthique
-> Du point de vue des chercheurs : analyse de l’expérience des campements de Basse-Casamance et du Bénin : TDS conférence (annulée, mais le texte est disponible)

 

Enjeu : Confronter les discours aux pratiques réelles 

-> De quelle manière s’exprime la dimension éthique et solidaire chez les opérateurs concernés ? Quelles sont les modalités de leur action ?
- Financement de projets de développement locaux ou d’équipements participant à l’amélioration des conditions de vie ?
-  Nouvelle définition des conditions de sous-traitance entre le voyagiste et les réceptifs locaux ?
- Aide au développement touristique sur les circuits et destinations proposés par le TO ?
-> Qui est à l’initiative des projets de tourisme éthique ?
- Le TO, des ONG du Nord ? des ONG du Sud, des ONG ou associations locales d’habitants ?
- Qui sont les interlocuteurs des voyagistes sur le terrain ?
-> Quels succès et quelles difficultés rencontre leur action ?`Comment se passent leurs relations avec les sociétés locales et les instances qui les représentent?

Pistes de recherche possibles : il manque ici le point de vue des touristes et des sociétés locales,  mais il y a une  piste de recherche possible à travers la réalisation d’enquêtes fines.
Une piste de recherches possibles serait l’analyse du système d’acteurs,  de pratiques et de lieux du tourisme éthique et solidaire à partir d’études de terrain (lancer des thèses sur ce thème ?). Permettrait de dresser un premier bilan.

 

- Mise en regard avec d’autres modalités comparables d’inscription touristiques dans les territoires : les modes de pratiques touristiques non marchandes ou informelles

-> Communication de Caire, Le Masne, Nivoix sur l’hébergement non marchand en France
-> Communication d’Hicham El Hayeb sur le Haut Atlas (annulée, mais le texte est disponible)

Enjeux : comparer les effets structurants en termes de développement local des pratiques du tourisme éthique et solidaire qui relèvent largement du marché touristique avec les pratiques touristiques non marchandes. Permet d’attirer l’attention sur le fait que le tourisme domestique est toujours largement supérieur au tourisme international  et  compense la faiblesse de l’apport financier par le nombre

 

-> Signification et intérêt pour le développement des territoires : forme de sociabilité, rencontre moins conflictuelle avec les populations locales.
-> Les modes de pratiques touristiques non marchandes se fondent-elles sur une pratique des territoires différente, avec quels types d’effets sur le développement des territoires ?
-> Ce qui vaut pour le tourisme domestique dans les pays du Nord vaut-il pour le tourisme domestique dans les pays du Sud ?
-> Existe-t-il également dans les pays du Sud des pratiques touristiques non marchandes qui concerneraient non seulement des touristes nationaux mais aussi des touristes internationaux ?

 

Piste de recherche possible : mener des analyses de terrain précises sur le rôle des pratiques non marchandes des touristes nationaux et internationaux dans le développement local et le comparer aux expériences de tourisme éthique et solidaire. L’Atlas marocain pourrait être un terrain d’application côté français ? Des terrains similaires pourraient-ils être trouvés dans des territoires comme le Nunavut par exemple ? ou en Amérique du Sud ?

 

 

 

 

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